Sous le pseudo de Léo se cache un ex-professeur de français, pré-pensionné depuis peu.
Lire a été pour lui une agréable obligation professionnelle mais aussi un loisir délectable, une passion !
A présent qu'il a du temps devant lui, il souhaite partager ses plaisirs de lecteur, ses coups de cœur, ses avis personnels, ses comptes-rendus de lecture... sans prétention aucune!
Simplement partager... et quel meilleur lieu que la bibliothèque communale , une librairie et un blog pour y déposer les quelques« fiches » qu'il a rédigées ?
vendredi 1 juillet 2011
STAKHOV, Dmitri, Le retoucheur, Actes Sud, Actes Noirs, 2011
Tout comme son grand-père et son père, Heinrich Heinrichovitch Miller est photographe et retoucheur. Il aurait également hérité du don : les personnages supprimés des négatifs retouchés perdent alors la vie. Alors, don ou coïncidences? Nous sommes à Moscou dans une atmosphère de FSB (ex KGB, ex MGB, ex NKVD). Ce récit au narrateur « je » débute par une longue mise en bouche suivie d’un scénario au tempo lent et troublant. Heinrich est un personnage froid et indifférent qu’on suit jusqu’au bout parce qu’on veut savoir et on ne peut jamais deviner qui sont les bons, qui sont les mauvais… mais y en a-t-il de bons ?. Ce roman noir est quelque peu décaféiné par les considérations personnelles de Heinrich sur la vie, l’amour, le destin, la société. La clé du roman ? « Tout le monde est toujours manipulé ». La perestroïka et la glasnost auraient-elles vraiment apporté la transparence ? Spécial !
mercredi 29 juin 2011
DE LUCA, Erri, Le jour avant le bonheur, Gallimard, 2010
Naples, peu après la guerre. Le narrateur est un orphelin qui vit sous la protection de don Gaetano, le concierge, un personnage généreux qui va aider le narrateur à grandir. On se laisse bercer par ce roman d’initiation au charme napolitain, plein de douceur et de poésie. Les personnages se murmurent plus qu’ils ne se parlent et on ressent l’affection et le respect que les deux personnages se portent. « Orphelin, il n’est le fils de personne et quand son concierge veut lui parler de son père, il ne veut rien savoir parce qu’il serait alors le fils de quelqu’un. ».Un vrai petit moment de bonheur !
lundi 27 juin 2011
BOYLE, T.C., L’enfant sauvage, Grasset, 2011
Boyle reprend ici l’histoire de Victor de l’Aveyron, l’enfant sauvage du Languedoc. « Une des histoires les plus fortes jamais écrites par T.C. Boyle » écrit le « The New York Times », mais pour nous, francophones, nous avons encore en tête les scènes du très beau film de Truffaut (1969). Le récit de Boyle tient plus du rapport scientifique ou du reportage que du roman, même s’il prend des libertés avec les rapports authentiques du Dr Ithard. C’est alors plus une remise en mémoire qu’une véritable découverte ; ce qui n’enlève en rien au plaisir de lire.
jeudi 23 juin 2011
JONASSON, Jonas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Presses de la Cité, 2011
Allan Karlsson n’a pas envie de fêter son centenaire dans sa maison de retraite où il s’ennuie. Une heure avant la cérémonie, il décide de sauter par la fenêtre de sa chambre et de se payer une petite fugue sur les routes suédoises. Deux récits s’entremêlent alors : celui de sa virée et de ses rencontres avec des personnages pas très nets et celui des aventures d’Allan, homme simple mais sensé, artificier autodidacte qui traverse les conflits du XXème siècle. Derrière cette couverture très kitch, on se plonge dans une épopée rocambolesque à l’humour déjanté, décalé, débridé, fait de situations cocasses, absurdes et pleines de surréalisme. Plus amusant que désopilant, on se prend néanmoins au jeu en se demandant comment le « héros » va enco-re une fois parvenir à s’en sortir. Ce fut un bon petit moment de détente. A garder pour les vacances.
lundi 20 juin 2011
NESBØ, Jo, Le bonhomme de neige, Gallimard, Série noire, 2008
Des femmes mariées et mères de famille disparaissent le jour de la première neige et il n'en faut pas plus pour que l'inspecteur Harry Hole parte en croisade contre ce premier présumé « tueur en série » de Norvège, surnommé « le bonhomme de neige » avec lequel il signe ses méfaits; mais le coupable n'est pas toujours celui qu'on croit. Le personnage Hole, attachant, surprenant, perspicace, opiniâtre, irrévérencieux des convenances policières, donne toute son âme à ce palpitant polar aux nombreux rebondissements. C'est un excellent moment de lecture que l'on prolongera avec « Le léopard ».
(Tous ces auteurs nordiques sont surprenants.)
mardi 14 juin 2011
SALAMÉ, Barouk, Arabian thriller, Rivages/Thriller, 2011
Faisant suite au « Testament syriaque », Salamé reprend la même recette avec « Arabian thriller » : mi-policier, mi-espionnage, espèce de roman politico-mystico-religieux dans lequel on retrouve avec plaisir le couple (les « bons ») du commissaire Sarfaty et de l'ex-colonelle pakistanaise Benazir Gurasi. Du côté « des méchants », on fait connaissance avec le couple Michaël de Maistre, terroriste fanatique et Anna Janvier, attachée culturelle du Louvre et ancienne de Saint-Cyr qui a une vengeance personnelle à acccomplir. Les « méchants arabophobes » veulent déstabiliser l'Arabie Saoudite et abattre la dynastie des Saoud en faisant exploser la Kaaba grâce à l'opération « Marbre brisé ». A travers ce récit palpitant mené à la James Bond, Salamé distille savamment son érudition sur l'islam et son histoire de façon captivante. Que du plaisir et de la culture partagés ! A quand, une suite ?
mardi 7 juin 2011
FALCONES, Ildefonso, Les révoltés de Cordoue, Robert Laffont, 2011
Après « La cathédrale de la mer », que j'avais beaucoup apprécié, Falcones nous entraîne dans l'histoire de l'Andalousie du XVIè siècle avec la révolte des Maures contre les chrétiens. Dans ce pavé de 876 pages (+ de 1kg), les personnages principaux sont quelque peu immergés dans les (trop) nombreuses descriptions des lieux et des événements. (Les paysages andalous n'ont presque plus de secrets pour le lecteur.) Cette fresque est plus une leçon d'histoire qu'une histoire. On revisite l'Islam (civilisation) et l'islam (religion) dans son conflit avec le monde chrétien et l'intolérance des deux cultures est partout présente. Le personnage d'Hernando balance entre les deux confessions : il connaît les prières chrétiennes tout autant que la profession de foi du Coran ayant été instruit tantôt par le sacristain du village et tantôt par l'uléma Hamid.
C'est un « long » roman.(Titre original : "La mano de Fatima")
jeudi 2 juin 2011
LATYNINA, Julia, Caucase Circus, Actes Sud, 2011
Après avoir lu avec beaucoup de plaisir les polars d'Alexandra MARININA qui nous décrivait, d'après mes expériences, une société russe tout à fait réaliste; on tombe, avec LATYNINA, dans un « cirque (et c'est le mot!) » caucasien dont les seuls mots-clés sont : fratrie, honneur et dettes d'honneur, vendetta, omerta, magouilles, corruptions (en milliers, centaines et millions de dollars!), intimidations, népotisme, activisme, terrorisme... « Ici, ils étaient l'élite de la société, ils s'achetaient des fauteuils de ministres à coups de fric ou de menaces. » C'est la loi du plus riche ou du plus violent qui élimine froidement et en toute impunité le moindre gêneur dans cette République (imaginaire) d'Avarie (eh oui!) -Dargo-Nord située dans le Caucase, et qui ressemble sans doute (peut-être) à une certaine Tchétchénie, à laquelle l'auteure fait souvent référence. De plus, si vous voulez vous retrouver dans l'imbroglio des personnages aux noms russes imprononçables, prenez des notes ! « Caucase Circus » est le premier d'une trilogie et je me contenterai d'en lire en partie le premier tome. « Hallucinant », dit la présentation éditoriale, oui ! au point d'en avoir un mal de crâne car dans un cirque « on ne peut que tourner en rond ! » En espérant qu'il ne s'agisse que de fiction !
mardi 31 mai 2011
VERHULST, Dimitri, La merditude des choses, Denoël, 2011
Après avoir lu 50 pages, j'ai compris que le titre correspondait très bien au sujet. Je ne vais donc pas déflorer les 200 autres pages restantes. Je laisse ce soin aux lecteurs potentiels et à son auteur pour apprécier cette merditude. J'ai besoin de m'évader et non de m'enliser !
SALAMÉ, Barouk, Le testament syriaque, Rivages Thriller, 2009
Avant d'entamer « Arabian Thriller » de Salamé qui vient de sortir (2011), il me fallait d'abord lire « Le testament syriaque » du même auteur. Imaginez qu'un journaliste free-lance français découvre et ramène avec lui de Tombouctou le présumé/prétendu manuscrit nommé « Le testament de Mahomet », écrit en syriaque – langue ancienne connue des seuls arabo-linguistes - et il n'en faut pas plus pour que Musulmans pakistanais, Américains et érudits français fassent tout pour se l'approprier : ce manuscrit risque d'être une vraie « bombe » pour l'Islam et pour le monde politique.
Avec Alamé (pseudo... et on peut comprendre !), on entre dans un thriller historico-théologique sur la genèse des trois grandes religions monothéistes. Qui dit thriller dit fiction, mais rien n'empêche de s'approprier à travers ce récit des informations culturelles et érudites sur la religion islamique. Les nombreuses notes en bas de pages sont là pour attester les idées avancées par l'auteur et reconnues par les critiques. Et si l'on prend un réel plaisir à lire ce « thriller », rien n'empêche de suivre une vraie grande leçon de philosophie religieuse qui amène à se poser de nombreuses questions. Une postface très intéressante ! Quel beau travail d'écrivain et quel plaisir de lecteur !
jeudi 26 mai 2011
THILLIEZ, Franck, [GATACA], Fleuve Noir, 2011, 509 p.
[GATACA] fait suite au [Syndrome E] et de nouveau Thilliez nous plonge dans un thriller/polar qui repart dans la recherche sur les origines de la violence. Un scénario et une intrigue implacables, les personnages de Hennebelle et de Sharko brisés mais attachants, une petite leçon de biologie génétique (ADN, génome, rétrovirus...), de paléontologie et d'anthropologie très bien vulgarisée, une écriture irréprochable : que du bonheur ! A siroter lentement pour apprécier ce nectar de polar palpitant.
vendredi 20 mai 2011
INDRIDASON, Arnaldur, Hypothermie, Métailie noir, 2010
Un suicide qu'aucun des proches de la victime ne comprend et pourtant qui est affaire classée pousse Erlandur à entamer une enquête privée et à titre personnel. Des disparitions anciennes et non résolues, dont celle de son propre frère, resurgissent dans son esprit. Erlendur doit aussi chasser ses démons personnels et régler ses affaires de famille. Plus philosophique et psychologique que vraiment policière, l'enquête aborde les disparitions inexpliquées, le suicide, le divorce et la séparation, la vie après la mort, les souvenirs, les mediums...
« C'est aussi ça qui me préoccupe : les réponses. Que des gens obtiennent des réponses. Une personne ne quitte pas tout simplement son domicile pour disparaître par enchantement. Il y a toujours une piste. Sauf là, on n'en a aucune. » « Depuis longtemps, il se demandait comment de simples coïncidences pouvaient façonner le destin des gens, décider de leur vie et de leur mort. »
Récit lent et atmosphère tout islandaise et agréable.
mardi 17 mai 2011
NESBØ, Jo, Le léopard, Gallimard, Série noire, 2011, 760 p.
Harry Hole, alcoolo, toxico, poursuivi par les Triades pour dettes de jeu, est en train de sombrer à Hong Kong. C'est un ancien de la Brigade criminelle d'Oslo. Kaja Solness est chargée de le ramener en Norvège pour résoudre une enquête sur un tueur en série. Pour échapper, en quelque sorte, à son destin, Harry accepte bon gré mal gré et la traque au tueur commence. Avec « Le léopard », Nesbo lance un gros pavé dans la mare des thrillers. Un scénario complexe, implacable et extrêmement bien maîtrisé, des personnages attachants, des rebondissements inattendus plongent le lecteur dans cette « brique » palpitante et implacable. Ma seule frustration : n'avoir pas lu « Le bonhomme de neige » auquel le livre fait tout le temps référence.
C'est de l'excellent Nesbø, un pur nectar !
C'est de l'excellent Nesbø, un pur nectar !
mercredi 11 mai 2011
TIRTIAUX, Bernard, Prélude de cristal, JC Lattès, 2011
En 1886, Lena, jeune harpiste prussienne, rencontre Lazare, souffleur de verre, au temps des révoltes et des grèves des mineurs et verriers de la région de Charleroi. Elle tombe éperdument amoureuse de cet artiste qui lui répare un glassharmonica qu'elle a malencontreusement renversé. Mais il est des rendez-vous manqués qui la poussent à embarquer pour les Amériques. Et c'est ainsi qu'on vague à l'âme avec Lena, tendre et artiste, vive et pétillante, dans un fond de prose poétique et lyrique faite de phrases ciselées aux mots pleins de lumières et de couleurs du maître verrier, artisan des sons et on frissonne avec elle en écoutant « La symphonie du nouveau monde » de Dvořák.
Ce roman est un pur moment de bonheur ! A lire lentement.
Deux extraits :
(Lena, la narratrice, assiste à un spectacle de cirque. Elle est émerveillée, tandis que son ami, artiste également, ne voit que les imperfections)
"Chiche de compliments, ce monde (des artistes) se châtre de tout élan d'enthousiasme par protectionnisme maladif. Du mépris misérable et sans hauteur qui est miroir de petitesse et de pauvreté de l'esprit."
"Je ne peux pas dire que je raffole de me produire dans les cercles mondains. Le brouhaha ambiant ou le bruit des petites cuillères qui tournent dans les tasses de thé quand je joue m'horripilent. M'insupportent aussi les petits doigts levés, l'odeur de poudre, les compliments éculés. Ca rondouille dans le beau monde, ça grazouille, ça pipelette, ça pérore, ça charpie côté femelle. Ca parade, ça subit, ça fait le veau, ça plastronne côté mâle."
Ce roman est un pur moment de bonheur ! A lire lentement.
Deux extraits :
(Lena, la narratrice, assiste à un spectacle de cirque. Elle est émerveillée, tandis que son ami, artiste également, ne voit que les imperfections)
"Chiche de compliments, ce monde (des artistes) se châtre de tout élan d'enthousiasme par protectionnisme maladif. Du mépris misérable et sans hauteur qui est miroir de petitesse et de pauvreté de l'esprit."
"Je ne peux pas dire que je raffole de me produire dans les cercles mondains. Le brouhaha ambiant ou le bruit des petites cuillères qui tournent dans les tasses de thé quand je joue m'horripilent. M'insupportent aussi les petits doigts levés, l'odeur de poudre, les compliments éculés. Ca rondouille dans le beau monde, ça grazouille, ça pipelette, ça pérore, ça charpie côté femelle. Ca parade, ça subit, ça fait le veau, ça plastronne côté mâle."
lundi 9 mai 2011
ZAFÒN, Carlos Ruiz, Marina, Robert Laffont, 2011, 302 p.
Óscar, 15 ans, interne dans un collège de Barcelone, est le narrateur quelque peu fugueur. Il raconte sa rencontre et ses aventures mystérieuses avec Marina qui a le même âge et German le père de Marina. Mais tout comme dans « L'ombre du vent » et « Le Jeu de l'ange », Zafòn nous plonge dans cette atmosphère surnaturelle, inquiétante, énigmatique, fantastique, diabolique... comme il en a le secret.
Paru en espagnol en 1999, « Marina » vient seulement d'être traduit par François Maspéro (traducteur de Sepulveda, de Reverte et de Zafon, pour « Le jeu de l'ange ») : gage d'une écriture peaufinée. Cette Barcelone de 1980 nous paraît pourtant intemporelle avec ses grandes villas qui semblent abandonnées, les filatures dans les rues, ruelles et égouts de la ville gothique. Style, personnages, lieux, intrigue, tendresse et mystères... tout est là pour qu'on soit envoûté par ce récit plein de charmes.
Paru en espagnol en 1999, « Marina » vient seulement d'être traduit par François Maspéro (traducteur de Sepulveda, de Reverte et de Zafon, pour « Le jeu de l'ange ») : gage d'une écriture peaufinée. Cette Barcelone de 1980 nous paraît pourtant intemporelle avec ses grandes villas qui semblent abandonnées, les filatures dans les rues, ruelles et égouts de la ville gothique. Style, personnages, lieux, intrigue, tendresse et mystères... tout est là pour qu'on soit envoûté par ce récit plein de charmes.
mardi 3 mai 2011
BONNOT, Xavier-Marie, Le Pays oublié du temps, Actes sud, Actes noirs, 2011
Le docteur Delorme était un célèbre neurochirurgien et un collectionneur d'art papou. Le vieil homme est retrouvé mort, un masque sur le visage et un trou au milieu du front. Septante ans plus tôt, il était parti explorer avec son ami Ballancourt la Nouvelle-Guinée-Papouasie pour ramener des œuvres d'art primitif du temps où les Papous étaient encore cannibales et coupeurs de têtes. Michel de Palma, commandant de police à Marseille, est chargé de l'affaire. Une enquête bien lente et une intrigue plus philosophico-ethno-anthropologique sur les traditions papoues que policière.
Intéressant sans être réellement palpitant.
Intéressant sans être réellement palpitant.
vendredi 29 avril 2011
AUEL, Jean.M.,Le pays des grottes sacrées, Les enfants de la terre, tome VI, 2011, 678 p.
Si j'avais été enthousiasmé à l'époque (le 1er tome est sorti en 1983) par les 4 premiers tomes de la série, le 5ème était extrêmement décevant à cause des nombreuses répétitions inutiles. Quant au 6ème, l'absence d'une véritable intrigue qui n'apparaît timidement que vers la page 492 et encore, est-ce une intrigue ? m'a poussé à l'abandonner plusieurs fois. « Le pays des grottes sacrées » est un gentil « documentaire » qui aborde quelques notions de paléontologie, d'ethnologie, de sociologie, de phytothérapie, d'herboristerie, de psychologie... On le lit largement en diagonale, passant allègrement des pages et des pages. Auel samuse à exploiter un filon qui ne recèle plus en fait que de très très rares pépites; il faut croire que ça continue à payer. J'ai toutefois appris que je pourrais utiliser de la saponaire pour me laver dans un torrent et comment dépecer un glouton carcajou (2 pages !). On y apprend aussi à compter avec ses doigts... !
Ennui profond !
Ennui profond !
samedi 23 avril 2011
CARRISI, Donato, Le chuchoteur, Calman,-Lévy, 2010, 586 p.
Six bras de fillettes retrouvés dans des fosses à l'orée d'un bois. Où sont les corps ? Toute l'équipe de l'inspecteur Roche aidée du criminologue Goran Gavila et d'une experte en enlèvements, Mila Vasquez, vont tenter de retrouver les corps mais surtout le criminel. Banal, me direz-vous ! Non, « Le chuchoteur » est un thriller original au scénario implacable et aux rebondissements étonnants, avec quelques infos scientifiques et quelques touches psychologiques (serial Killer) et philosophiques (manichéisme : Dieu se tait et le Diable murmure). Petit élément perturbant : quel pays, quelle région, quelle ville ? Comme si l'auteur voulait insister pour dire que cela pourrait se passer n'importe où; même les noms des personnages ne permettent pas d'inférences. Ce premier roman en appelle d'autres parce qu'on s'attache à certains personnages comme Mila. Scotché dès les premières lignes, il est inutile de vous dire que c'est un thriller parmi les meilleurs que j'ai eu le plaisir de lire.
mardi 19 avril 2011
INDRIDASON, Arnaldur, La rivière noire, Métailié noir, 2011, 300 p.
Un homme jeune est retrouvé dans un bain de sang, la gorge ouverte, dans son appartement. On découvre dans ses poches du rohypnol (drogue du viol). En l'absence d'Erlendur, parti se reposer, c'est Elinborg et son équipe qui vont mener l'enquête. Au-delà du polar habituel, encore une fois, c'est le côté psychologique qui l'emporte sur l'enquête : les viols, les relations familiales et toujours ce mélange de vie professionnelle et de vie privée de l'enquêtrice. On a également droit aux habitudes alimentaires et quotidiennes des Islandais, ce que j'estime être un plus puisqu'on partage ainsi une culture méconnue. On cafouille parfois avec les noms : Erlendur, Runolfur, Sigurdur, Unnur, Birkir, Hallgerdur...
Bon moment de lecture !
Voir aussi : « La femme en vert » et « Hiver arctique ».
Bon moment de lecture !
Voir aussi : « La femme en vert » et « Hiver arctique ».
samedi 16 avril 2011
MARININA, Alexandra, La 7ème victime, Le Seuil , 2011, 486 p.
Après « Le requiem », je me devais de lire le dernier roman de la même auteure. Dans « La 7ème victime », on retrouve avec plaisir les mêmes personnages, notamment Anastasia Kamenskaïa, lieutenant-colonel de la milice de Moscou et Tatiana Obraztsova, juge d'instruction et auteur de romans policiers. Qui de l'une ou de l'autre est menacée de mort suite à une interview télévisée en duplex des deux femmes ? L'intrigue est originale et parfaite. Elle se déroule dans une atmosphère et un décor tout à fait slaves qui correspondent à mes propres expériences ukrainiennes. C'est un polar réaliste, psychologique, social et philosophique qui met en scène des personnages intègres emplis de leur mission et qui évite de tomber dans les stéréotypes de politique, de magouilles et de corruptions à la russe. Un vrai régal, un nectar de polar !
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