Sous le pseudo de Léo se cache un ex-professeur de français, pré-pensionné depuis peu.

Lire a été pour lui une agréable obligation professionnelle mais aussi un loisir délectable, une passion !

A présent qu'il a du temps devant lui, il souhaite partager ses plaisirs de lecteur, ses coups de cœur, ses avis personnels, ses comptes-rendus de lecture... sans prétention aucune!

Simplement partager... et quel meilleur lieu que la bibliothèque communale , une librairie et un blog pour y déposer les quelques« fiches » qu'il a rédigées ?




lundi 28 février 2011

LARSON, Leslie, Bons baisers de Cora Sledge, Ed. 10/18, 2011

Cora Sledge est une personne âgée de 82 ans, veuve, 136 kg, qui se goinfre d'anxiolytiques, qui souffre d'asthme, qui fume et qui a des difficultés pour se prendre en mains aux dires de ses trois enfants. Ils vont donc la placer contre son gré dans une maison de repos qu'on préfère appeler « résidence médicalisée ». Là, elle se la joue à la « Tatie Danielle » : désagréable avec presque tout le monde, acariâtre, aux remarques et aux propos pas toujours politiquement corrects. Sa nièce Emma lui a offert un cahier et un stylo et elle se demande bien pourquoi d'ailleurs : cadeau absolument saugrenu. Mais Cora s'ennuie et elle commence à écrire tout ce qu'elle pense. C'est à travers ses cahiers écrits dans une langue directe et verte qu'elle va transcrire sa vie passée et sa vie dans ce home. Récit intimiste et révélateur des pensées d'une personne âgée à qui la vie n'a pas toujours sourit mais qui garde une énergie le plus souvent agressive. Ses cahiers seront pour elle une façon de refermer des portes. Cora est un personnage attachant !

jeudi 24 février 2011

LÄCKBERG, Camilla, L'enfant allemand, Actes Sud, 2011

Erika a bien des difficultés à se concentrer sur l'écriture de son roman bien que Patrik ait pris un congé parental pour s'occuper de Maja. La découverte d'une médaille, d'une brassière tachée de sang séché dans une malle au grenier et de carnets intimes va décider Erika à enquêter sur le passé de sa mère qu'elle connaît mal. C'est alors un va-et-vient entre les années de guerre (1943-1945) et aujourd'hui. Il est question tantôt de pro-nazis et tantôt de néonazis. Toute une histoire ! Des épisodes courts qui font passer le lecteur d'une période à l'autre, d'un personnage à l'autre, d'un fait à un autre créent tout le rythme du roman et font que le lecteur s'attache aux différents personnages récurrents des romans de Läckberg. L'enquête en soi reste secondaire et c'est le rapport des personnages entre eux et les problèmes de société qui rendent le récit très intéressant. C'est le 5ème roman de l'auteure, le plus élaboré et le plus réussi. Déjà enchanté par les précédents, j'ai été ébloui par celui-ci.

samedi 19 février 2011

COE, Jonathan, La vie très privée de Mr Sim, Gallimard, 2011

« Alors, il y a du neuf pour mon épitaphe : Ci-gît Maxwel Sim, quantité la plus négligeable qui ait vu le jour. » (Dixit Sam, p.378) C'est ainsi que se voit Max. Sa femme, Caroline, dont il est séparé, dit de lui : « Comment avoir de l'affection pour un homme qui ne s'aime pas lui-même ! » (p.27)
Et voilà la vie de Max, 48 ans, loser désabusé et dépressif, qui tente de survivre malgré son mal-aise, son mal-être, son mal-vivre et qui enchaîne gaffe sur gaffe dans ses relations avec les autres.
Le récit est néanmoins loin d'être noir, tout teinté d'humour à la britannique. On se surprend souvent à sourire (notamment quand le père de Max emporte en voyage la télécommande à la place de son Gsm). Mais à travers la vie très privée de Max, il y a également des regards et des réflexions acerbes sur notre société consumériste. Malgré ses maladresses, Max est un personnage attachant et attendrissant. Le style est très agréable. On a parfois l'impression de partir à gauche et à droite, du passé au présent et vice-versa... mais la toile se construit progressivement avec une « chute » tout à fait inattendue. Ce fut un très bon moment de lecture.

mardi 15 février 2011

NUNN, Kem, Tijuana Straits, Sonatine, 2011

Tijuana, c'est cette frontière américano-mexicaine, au sud de la Californie : vallée qui charrie toutes les substances toxiques des usines frontalières, les clandestins et les passeurs de drogue. Trois personnages principaux : Samuel Fahey, dit Sam la Mouette, ex-surfeur, ex-dealer-toxicomane, ex taulard et solitaire qui entretient tant bien que mal sa ferme vermicole; Magdalena, la Madonne, jeune mexicaine qui aide les femmes perdues et qui poursuit les boss américains pollueurs des eaux et des vies mexicaines de la vallée en abandonnant leurs usines; Armando Santoya, un chicano-petit truand, qui poursuit Magdalena pour la tuer. La vie de Sam le reclus va être bouleversée par sa rencontre avec Magdalena en perdition dans les marais : doit-il la sauver s'il veut rester en paix ?
Si le rythme du début semble quelque peu nonchalant, on est pris par le style lyrique et puis par l'action qui se mue progressivement vers une cavalcade finale qui vous empêche de quitter le livre. Très belle écriture (traduction) scandée tantôt par le désespoir, tantôt par une énergie vitale... et l'on surfe sur ce roman comme Sam sur les vagues mythiques de la fureur du Mystic Peak. C'est beau, c'est grand, c'est puissant.

samedi 12 février 2011

FIERPIED, Maëlle, Chroniques de l'université invisible, Ecole des Loisirs, Médium, 2010

Mélusine Dragon (sic) est une « penseuse » : elle sait lire dans les pensées des autres. Son sale prof de français le découvre et elle est envoyée dans l'île de l'université invisible pour parfaire son don.
Framboise est une « voleuse », elle a un don de télékinésie. Sauvée par des vampires, elle aussi est emmenée sur l'île. Décembre, qui se nomme en fait Tristan, espèce d'Oliver Twist, est également télépathe et voleur pour le gang de Garibaldi, et encore un de plus sur l'île. Mais c'est sans compter sur Dante et Moustafa, deux sympathiques vampires qui brisent leur pacte avec les membres de l'université invisible.
Ces chroniques sont un véritable petit chef d’œuvre qui marie de façon subtile : fantastique, fantasy et SF dans une intrigue superbement construite et dans une écriture particulièrement léchée, avec des personnages (adultes et ados) très bien typés. 450 pages en petits caractères mais on ne s'ennuie jamais. J'ai beaucoup aimé même si c'est destiné à priori à des ados ! C'est clean, c'est cool et c'est original !

mardi 8 février 2011

QIU XIAOLONG, Les courants fourbes du lac Tai, Liana Levi, 2010

L'inspecteur principal Chen de Shanghai se voit offrir une semaine de vacances dans une luxueuse résidence au bord du lac Tai par Zhao, ancien secrétaire du Parti. A cause du déversement de déchets toxiques de l'Usine n°1, les eaux du lac sont envahies par les algues. Chen rencontre par hasard Shanshan, une jeune ingénieure écologiste, employée à l'usine dont le directeur est retrouvé assassiné. Chen va alors mener une enquête parallèle : Zhao ne lui a-t-il pas demandé un rapport social ?
C'est pour moi un réel plaisir renouvelé de lire les romans de Qiu Xiaolong : une enquête à la Sherlock Holmes teintée de poésie et une découverte de la culture et des coutumes chinoises (logement, nourriture, habitudes, relations, politique du Parti...) Lire absolument les romans précédents !

samedi 5 février 2011

ASPE, Pieter, La mort à marée basse, Albin Michel, 2010

Pieter Aspe, le Simenon flamand, nous revient avec son inspecteur fétiche, Pieter Van In, et son adjoint Guido Versavel pour une 7ème enquête traduite du néerlandais.
Miriam, fille de Dobbelaere, huissier de justice de la ville de Bruges, dit avoir été violée, puis peu après étranglée par son père. Une tête dépasse du sable à marée basse sur une plage entre Zeebrugge et Blankenberge, le corps ensablé
Quels sont les liens qui pourraient unir un huissier de justice, un avocat véreux, un membre de la commission des mises en libération conditionnelle et un entrepreneur en import-export de contrefaçons asiatiques ? Ce sera à Van In et à Versavel de les découvrir. Collusion, corruption, réseau ? Inutile de dire que je suis un fan des enquêtes de l'irrévérencieux commissaire Van In !
(Voir article écrit par Léo et paru dans le magazine flamando-néerlandophone « Septentrion », 2010, n°3, pp 78 et 79 et mis sur le blog)

mardi 1 février 2011

Anonyme, Le livre sans nom, Sonatine, 2010

C'est une espèce de « western-manga » complètement déjanté, débridé, glauque et gore à mort dans lequel « l'auteur anonyme » se laisse aller à tous ses délires. On passe ainsi de moines de la secte d'Hubal envoyés à la recherche de « l’œil de la lune », pierre qui rend invincible, aux cow-boys- truands qui dégainent plus vite que leur ombre et qui laissent partout des mares de sang et de la cervelle sur les murs en passant par un boxeur de cirque, des vampires, une diseuse de bonne aventure, un maître des ténèbres, des yeux énucléés et des langues coupées... (Zut, l'auteur a oublié les extraterrestres et les zombies !) Si la couverture est noire, l'histoire est rouge-sang.
« Jessica était spéciale. Ce n'était pas une femme comme les autres. Sanchez avait vu pas mal de trucs vraiment bizarres derrière le comptoir du Tapioca, mais jamais il n'avait vu personne survivre à trente-six balles, à l'exception peut-être de Mel Gibson dans l'Arme fatale 2. » (p.64)
Un regret : j'aurais dû cocher le nombre de fois que le mot « p..... » revient dans le texte ! C'est dire le style recherché de l'auteur. Pour les amateurs des films de Tarantino, paraît-il !
Si j'ai aimé ? No comment !