Sous le pseudo de Léo se cache un ex-professeur de français, pré-pensionné depuis peu.

Lire a été pour lui une agréable obligation professionnelle mais aussi un loisir délectable, une passion !

A présent qu'il a du temps devant lui, il souhaite partager ses plaisirs de lecteur, ses coups de cœur, ses avis personnels, ses comptes-rendus de lecture... sans prétention aucune!

Simplement partager... et quel meilleur lieu que la bibliothèque communale , une librairie et un blog pour y déposer les quelques« fiches » qu'il a rédigées ?




samedi 27 février 2010

LÄCKBERG, Camilla, Le tailleur de pierre, Actes Sud, actes noirs, 2009

Après « La princesse des Glaces » et « Le Prédicateur », on retrouve Patrick Hedström et sa com­pagne Erika Falck qui ont maintenant une petite Maja. Au-delà d'une enquête de Patrick suite à la découverte d'une fillette de 7 ans retrouvée noyée, c'est surtout la description du monde social d'une petite ville portuaire, celle de Fjällbacka. On entre ainsi dans l'intimité de nombreuses familles et de nombreux personnages extrêmement bien typés. Tout le plaisir réside dans l'écriture de l'intrigue : des séquences courtes coupées par le récit ancien d'une famille, celle du Tailleur de pierre, qui créent toute la tension de l'histoire. Ce n'est que vers la fin que l'on découvre que tout s'imbrique. Si Patrick découvre celui ou celle qui a commis le meurtre de la petite fille, il ne connaîtra pas le motif ou le mobile de ce crime; par contre le lecteur, lui, saura. Des trois romans de Läckberg, ce dernier est le plus élaboré. J'ai beaucoup aimé l'atmosphère des trois et particulièrement celle du troisième. Excellent polar noir de mœurs !
(Lire les précédents comptes-rendus)

lundi 22 février 2010

FRENCH, Tana, La mort dans les bois, Michel Lafon, 2008

Prologue (ça devient une habitude !) : disparition de deux enfants dans les bois de la banlieue de Dublin. Le troisième comparse est retrouvé hébété, les baskets en sang, incapable de se souvenir de ce qui s'est passé.
Intrigue : 20 ans plus tard, le troisième enfant, Adam Robert Ryan est devenu inspecteur de police et enquête avec sa coéquipière Cassie Maddox et Sam O'Neilly sur le meurtre d'une ado de 12 ans, retrouvée sur un site archéologique dans le même bois.
Présenté comme un thriller psychologique, c'est bien le cas, j'affirme. Il y a quelques longueurs pour décrire la « psychologie » des différents personnages et on se perd un peu dans l'intrigue mais la tension est présente... surtout vers la fin ... qui laisse néanmoins un léger goût d'inachevé malgré les 470 pages.
Approche très féminine même si le narrateur est l'inspecteur Rob Ryan.

dimanche 14 février 2010

ELLROY, James, Underworld USA, Rivages Thriller

Pas de fiche de lecture parce que je n'ai pas su aller au-delà de la 40ème page : style haché, familier et vulgaire... et je ne suis pas un puritain. Trop d'intrigues, trop de personnages, trop de magouilles : CIA, FBI, Mormons, KKK, mafia, drogue, scandales, politique... Ecoeuré !
Laissons ce genre de "littérature" aux Américains, à leurs séries débiles, à leurs problèmes internes et aux amateurs du genre. Mon bonheur, c'est que je n'ai pas acheté le bouquin et que je l'ai quitté avec plaisir, pas prêt à ingurgiter les 800 autres pages ! Ouf ! Ellroy est à la littérature ce que le le fast food est à la gastronomie et au plaisir des sens.

vendredi 12 février 2010

KAMINSKY, Sarah, Adolfo Kaminsky, Une vie de faussaire, Calmann-Lévy, 2009

Dieu sait que les biographies ne sont pas « ma tasse de thé », mais le récit de Sarah Kaminsky – roman biographique ou biographie romancée – consacré à son père m'a beaucoup plu. Comme son père, Sarah est une « gentille » faussaire puisqu'elle déguise son roman en une « autobiographie » : Adolfo en est le narrateur. Témoignage, récit de vie, fiction ... qu'importe, ça se lit... et c'est franchement très agréable.
« J'avais toujours veillé à ce que mon savoir et mes techniques ne servent qu'à des causes légitimes. J'avais toujours veillé à ne jamais transiger avec mon sens de l'éthique et de la moralité. » (p.120)
« Ma vie de faussaire est une longue résistance ininterrompue car, après le nazisme, j'ai continué à résister aux inégalités, aux ségrégations, au racisme, aux injustices, au fascisme et aux dictatures. » (p. 254)
C'est une très belle histoire mais c'est surtout une belle leçon d'histoire.
Voir la vidéo/conférence :
http://www.dailymotion.com/video/xc2jnt_sarah-kaminsky-a-tedx-paris-2010_webcam

mardi 9 février 2010

LEHTOLAINEN, Leena, Un coeur de cuivre, Gaïa Editions, 2009

Maria Kallio accepte le poste de chef intérimaire de la police de Arpikilä, petite ville du nord de la Finlande. C'est sa ville natale et ce poste « tranquille » lui fait retrouver ses proches, ses amis d'en­fance et d'adolescence dont Johnny, son premier amour. Tranquille ? C'est sans compter avec le meurtre de Meritta Flöjt, artiste peintre quelque peu sulfureuse et originale, suivi d'un autre meurtre...
Roman policier finnois écrit en « je ». Si l'auteure est une femme et sa narratrice (Maria) également, il était difficile d'échapper à toutes les considérations et les états d'âme typiquement féminins qui ralentissent l'intrigue. Dommage qu'il y ait si peu d'action(s) ! De plus, les noms des lieux et des personnages aux consonances finnoises sont quelque peu déroutants et difficiles à mémoriser. Néanmoins, je ne me suis pas ennuyé à le lire et j'ai apprécié le dépaysement.

lundi 8 février 2010

SMITH, Tom Rob, Enfant 44, Ed. Belfond Noir, 2010

Moscou 1953. Leo Stepanovitch Demidov, tchékiste, travaille au MGB, la police secrète (qui deviendra le KGB, puis le PSB). Raïssa, son épouse, professeure, est accusée d'espionnage par Vassili Nikitin, collègue de Leo dont il veut se venger. Leo et Raïssa sont exilés dans une petite ville de l'ouest de la Russie. Leo va enquêter sur des meurtres d'enfants et de jeunes femmes. Le crime de peut pas exister en URSS et chaque cas est considéré comme un accident. Leo va néanmoins vouloir trouver le coupable au risque de se retrouver, lui et Raïssa, dans un goulag.
Tout est parfait dans ce roman : une intrigue haletante, des personnages principaux attachants et surtout une description remarquable du monde soviétique de l'époque.
A lire absolument avant le deuxième livre de Smith : « Kolyma » dans lequel on retrouve la plupart des personnages et l'ambiance tendue. Inutile de dire que j'ai beaucoup aimé les deux romans.
« La confiance ne va pas sans la méfiance » : aphorisme de Staline.
« La terreur était nécessaire : elle protégeait la révolution. » (p.69)
Ça donne envie de relire les romans de Soljenitsyne.

mardi 2 février 2010

SMITH, Tom Rob, Kolyma, Ed. Belfond Noir, 2010

Moscou 1956, dans la Russie post-stalinienne, Leo Stepanovitch Demidov, ex tchékiste du MGB (= police secrète devenue le KGB et actuellement le PSB), vit avec Raïssa, enseignante, et leur deux filles, sœurs adoptives : Zoya (14 ans) et Elena (7 ans). Zoya déteste Leo pour avoir été sans doute responsable de la mort, pardon, de l'assassinat de leurs parents. La haine s'installe. Si certains portent la tête haute et profitent de leur immunité et des privilèges réservés aux hauts fonctionnaires; les autres, eux, ont le profil bas de ceux qui ont peur : suspicion, dénonciation, corruption, manipulation... un seul mot de travers et c'est l'arrestation et le Goulag : tel est l'univers créé par Staline. Mais Staline, « le petit père du peuple » est mort et Khrouchtchef, veut réformer et déstaliniser l'URSS. Alors tous ceux qui ont dénoncé un ami, un collègue, un voisin... redoublent de précautions. Tous ceux qui se sont enrichis grâce à la peur des autres ont peur à leur tour parce qu'ils se cachent à présent derrière cette phrase : « J'ai obéi, je n'ai pas eu le choix ». La vengeance devient alors le seul but de certains.
L'intrigue implacable de ce récit, cette tension qui monte, la psychologie des personnages et leurs relations, la description de l'univers dans lequel vivent les Moscovites de l'époque, la vie dans un Goulag, la révolte d'octobre 1956 à Budapest... tout cela rend ce récit remarquable. Je commence impatiemment ce soir le premier récit de cet auteur : « Enfant 44 » chez le même éditeur. Quel plaisir !