Sous le pseudo de Léo se cache un ex-professeur de français, pré-pensionné depuis peu.

Lire a été pour lui une agréable obligation professionnelle mais aussi un loisir délectable, une passion !

A présent qu'il a du temps devant lui, il souhaite partager ses plaisirs de lecteur, ses coups de cœur, ses avis personnels, ses comptes-rendus de lecture... sans prétention aucune!

Simplement partager... et quel meilleur lieu que la bibliothèque communale , une librairie et un blog pour y déposer les quelques« fiches » qu'il a rédigées ?




mardi 26 janvier 2010

CALMEL, Mireille, Le chant des sorcières, Ed. XO 2008, 3 tomes.

Fin du XVème, dans le Vercors. Algonde, la fille de l'intendante du baron Jacques de Sassenage, seigneur du Dauphiné, et de dame Sidonie est investie d'une mission : celle que lui impose la fée Mélusine. Il y a de la prophétie dans l'air.
La première bouchée est un peu fade et puis le philtre agit. La recette est facile : une bonne cuillère de romantisme, une pincée d'amour courtois, un zeste de sexe, un filet de violence et de virilité. Ajoutez à cela, vu le titre, une pointe de sorcellerie et de magie noire, le tout émaillé de quelques mots anciens et le tour est joué.
C'est dans la même veine que Jeanne Bourin (La chambre des dames), Régine Pernoud (La femme au temps des cathédrales), Pierre Naudin (Les lions diffamés), les Peyramaure, Barret et Gurgand, Barjavel, Robert Merle, Myriam et Gaston du Béarn, Bordonove et consorts... mais qui peut encore se vanter d'avoir lu ces auteurs ? C'est du genre historique mais sans faire beaucoup d'histoires.
Plaisant, charmant, distrayant, pas vraiment original mais les trois tomes plairont d'abord aux gentes dames et damoiselles.

mardi 19 janvier 2010

PATTERSON, James, Une nuit de trop, Ed. L'Archipel, 2009 et Ed. V.D.B 2009

Lauren Stillwell, la trentaine épanouie, inspecteur à la « Crim » du Bronx à New York, veut faire une surprise à son mari, Paul, à la sortie de son travail. Elle le surprend au bras d'une jeune et jolie blonde devant un super hôtel de Manhattan. Lauren décide de se venger en passant la nuit avec Scott, un de ses collègues. Elle voit son mari, Paul, assassiner son amant. Elle est chargée de l'enquête mais elle va tout faire pour que l'on ne découvre pas le vrai meurtrier de son amant d'une nuit.
Thriller-polar au rythme haletant. On entre dans ce récit sur les chapeaux de roue, et puis l'auteur met le turbo, mais il y a toujours un grain de sable dans cet engrenage bien huilé, trop bien huilé et tout s'enchaîne. On pense lever le pied et puis tout s'accélère : 117 chapitres courts avec prologue et épilogue (ça devient la mode), un récit en « je » qui tient en haleine. Époustouflant ! Ni trash, ni gore, simplement un récit cousu de fil noir !

lundi 18 janvier 2010

"Mémoire"

Lu chez Guernassia :
"Notre mémoire est ainsi faite qu'elle efface les mauvais souvenirs pour ne conserver que les meilleurs." (p.144)

"On redoute toujours de perdre la mémoire. C'est elle la source de nos maux. On ne vit bien que dans l'oubli. La mémoire est le pire ennemi du bonheur. Les gens heureux oublient. (p.446)

"Procrastination"

J'aime découvrir de nouveaux mots. En lisant James Patterson, je suis tombé sur "procrastination" : tendance à ajourner, à remettre au lendemain. J'aime bien ce mot parce que "demain est un autre jour. J'avais noté également chez Guernassia: "On doit toujours remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même. "Carpe diem" : cueille le jour sans te soucier du lendemain, disait Horace.
Et Ronsard :
"Cueillez dès à présent les choses de la vie
Car jamais le temps ne suspend son vol
Et cette fleur qui aujourd'hui s'épanouit
Demain sera flétrie."

ASPE, Pieter, La quatrième forme de satan, Albin Michel, 2009

On peut résumer la 4ème enquête du commissaire Van In par « secte satanique » et « trafic de drogue », toujours dans la très bourgeoise Bruges. Des cinq romans édités à ce jour chez Albin Michel, cette 4ème enquête est celle que je préfère : plus de suspens, plus de sentiments.
Van In devient de plus en plus sympathique et humain, plus fin et plus diplomate au fur et à mesure des romans : sa relation avec Hannelore y est sans doute pour quelque chose et on s'attache aux différents personnages. Un petit regret : Aspe n'exploite pas assez le côté satanique, luciférien.
N'empêche que cela reste une lecture agréable et récréative.
(Voir les autres fiches sur Aspe)

jeudi 14 janvier 2010

GUENASSIA, Jean-Michel, Le club des Incorrigibles Optimistes, Albin Michel, 2009

Pas une histoire, mais des histoires : 767 pages et un long moment de bonheur intense. Difficile de résumer cette chronique parisienne douce-amère des années 1959-1964 avec la guerre d'Algérie en arrière-fond. En 1959, Michel Marini a 12 ans : photographe amateur, champion de baby-foot, lecteur compulsif, nul en math, amoureux de rock'n'roll et apprenti joueur d'échecs. C'est sa vie à travers sa famille, ses amis, le Baldo et son arrière salle où se retrouvent des réfugiés, des exilés des pays de l'Est : Tibor, Sasha, Leonid, Emré, Pavel, Victor, Igor, Tomatsz... rejoints par Sartre et Kessel. Ils forment « le Club des Incorrigibles Optimistes ». Ils y racontent leurs souvenirs et leurs vérités, et y jouent aux échecs.
Des portraits authentiques et touchants, une composition subtile, un rythme soutenu, un style vivant, expressif, coulant, limpide... Guenassia évoque également Camus, Vian, Kazantzakis, Noureev, Nijinski, Diaghilev et tant d'autres qui font partie de mes souvenirs d'adolescent. Nostalgie !!!
Merveilleux "petit" chef-d'œuvre littéraire.

mardi 5 janvier 2010

LÄCKBERG, Camilla, Le prédicateur, Actes Sud, 2009

Un enfant découvre le cadavre d'une femme au milieu d'ossements plus anciens dans la brèche du Roi, proche de la petite ville portuaire de Fjällbacka. Patrick Hedström est chargé de l'enquête.
Il semblerait que la famille Hult, enfants et petits-enfants du prédicateur Ephraïm, ne serait pas étrangère à l'affaire.
D'un côté, une tension due à une intrigue très bien ficelée et pleine de rebondissements et de l'autre, l'émotion avec les petits problèmes familiaux d'Erika qui s'est mise en ménage avec Patrick et qui est en fin de grossesse.
On retrouve ainsi avec plaisir les personnages de « La princesse des glaces » (même éditeur). Si Camilla Läckberg n'innove pas dans le polar, on s'attache à ses récits comme à ceux de Vargas, de Mankell et de Dona Leone. Il y a cette complicité qui naît du mélange de vie professionnelle (en­quête) et de vie privée (famille et soucis personnels). Un bon moment à passer.